Le Fecteau

Depuis 1987, l’Assemblée nationale a conféré au harfang des neiges le titre d’emblème aviaire du Québec. Depuis près de trois ans, l’Association québécoise du transport aérien (AQTA) en a fait aussi son emblème, mais il fallait le personnaliser. Et la meilleure façon était de lui trouver une dénomination propre.

À cet effet, l’AQTA décida d’organiser, via ses membres, un concours visant à pourvoir ce majestueux strigidé d’une identité bien à lui! C’est lors de son dernier congrès annuel à Québec, à la suite des trois choix faits par le comité de présélection et présentés par la suite aux membres du CA, que fut sélectionné et à l’unanimité le nom Fecteau.

Nous, de la Fondation Aérovision du Québec, sommes particulièrement fiers et appuyons haut la main ce choix, car ces hommes  ̶̶  les Fecteau  ̶̶  ne furent pas seulement des précurseurs dans le domaine de l’avionnerie de brousse, mais des modèles, pour l’exemple qu’ils ont apporté, qu’ils apportent et qu’ils apporteront encore aux générations futures. Cela rejoint une de nos missions, c’est-à-dire promouvoir et faire découvrir à nos jeunes le domaine de l’aviation ainsi que tous les métiers connexes et de les encourager à suivre cette voie.

Le nom

L’aviation en étant à ses débuts, Arthur et Joseph Fecteau discutaient souvent des progrès et de l’avenir de l’aviation. Sans grand moyen financier, les années pendant lesquelles ils occupent un hangar en bordure du terrain de l’aérodrome du Bois Gomin seront une période difficile pour eux. C’est pourtant dans ce hangar, bondé de pièces de toutes sortes, que leur jeune neveu Thomas aime à se retrouver.

ARTHUR FECTEAU a fondé « Arthur Fecteau transport aérien » et il a établi sa première base d’opérations à Senneterre, en Abitibi. À une certaine époque, l’entreprise était la plus importante en son genre au Canada. Arthur Fecteau a formé de nombreux pilotes, dont son neveu Thomas Fecteau. Ce fut lui qui améliora le ski pour avion et l’adapta à nos hivers rigoureux. Il reçoit en 1984 le prix Roger Demers* et est intronisé au Panthéon de l’air et de l’espace du Québec en 2001.

JOSEPH FECTEAU entre à l’emploi de Québec Airways en 1936 et travaille sur la Côte-Nord où, pendant un certain temps, il sera aussi le mécanicien du pilote Roméo Vachon. Il travaille à l’extinction des feux de forêt pour la Canadian Airways. Malheureusement, il connut une fin tragique en 1939.

THOMAS FECTEAU est le neveu d’Arthur et de Joseph Fecteau. L’oncle Joseph a certes influencé Thomas dans son choix de carrière. En effet, alors que Thomas n’avait que douze ans, Joseph lui a offert son baptême de l’air. Il a été pilote pour la compagnie de son oncle Arthur jusqu’en 1955. Par la suite il se dirige vers Rimouski où il trouve un emploi chez Québécair. Quelques années plus tard, il devient Pilote en chef au Service aérien gouvernemental à l’Aéroport de Québec, emploi qu’il occupera pendant 25 ans jusqu’à sa retraite en 1983. Tout comme son oncle Arthur, il reçoit le prix Roger Demers* en 1992 et est intronisé au Panthéon de l’air et de l’espace du Québec en 2008.

François Fecteau, fils de Thomas, est pilote depuis 1991. L’histoire de cette famille d’aviateurs d’exception se poursuit donc…

 

* Récompense remise par l’Association des gens de l’air du Québec, un honneur fort envié, puisqu’il s’agit de la récompense la plus élevée à être décernée dans le domaine de l’aéronautique québécoise. Ce prix, remis uniquement aux pilotes d’expression française, pour le rôle important qu’ils ont joué dans le domaine de l’aviation au Québec.

 

Le Fecteau : l’œuvre d’un souffleur de verre

C’est en l’an 2000 que Giuseppe Benedetto décide de souffler un harfang des neiges.

D’abord, cet oiseau est très majestueux dans toutes situations : dans son envol, à la recherche d’une proie, niché au haut d’un poteau, lorsqu’il tourne la tête. Sa blancheur pure le protège naturellement dans son habitat et nous rappelle nos hivers québécois.

Les dimensions de l’œuvre d’art sont d’environ 8’’ de haut x 7’’ de large (au niveau des ailes déployées) x 4’’ pour la base.

La réalisation de cette pièce se fait en allant cueillir le verre à l’aide d’une canne dans un four à fusion à 2100 o F. Par la suite, il est coloré et l’artiste lui donne de l’ampleur en soufflant dans la canne. Le verre nécessaire pour le plumage est coloré puis modelé à chaud à la main, à l’aide de pinces et de ciseaux. Dans les faits, toutes les pièces réalisées avec cette technique sont uniques.

Ensuite, la création est déposée sur un socle d’aluminium pour y graver le nom du récipiendaire.

 

L’artiste

GIUSEPPE BENEDETTO est originaire d’Italie. Il émigre au Québec en 1967. Il étudie à l’Université de Chicoutimi et ensuite à l’Université du Québec à Montréal où il décroche une maîtrise en sculpture, et ce, tout en enseignant à la polyvalente de la Baie. Il commence à travailler le verre en 1993 et ouvre la première verrerie d’art au Saguenay la même année : Touverre Inc.

Sa démarche s’articule autour d’une idéologie basée sur l’historicité, le mythe et la symbolique iconographique des objets. Objets qui racontent des moments, des idées, des souvenirs, comme le harfang des neiges, symbole de l’Association québécoise du transport aérien.

Comment se fabrique le Fecteau?

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