Émile Patrault
2002

Mécanicien

Émile «Pat» Patrault débuta en 1924 comme apprenti mécanicien à Roberval pour la Dominion Aerial Exploration Co. On pouvait alors compter sur les doigts de la main les Canadiens français faisant carrière dans l’aviation. Patrault travailla ensuite au Lac-à-la-Tortue pour Fairchild Aviation puis pour Canadian Airways. Son salaire atteignait alors 150$ par mois (celui d’un pilote était le même plus cinq sous du mille volé). Patrault étudia la cartographie, ce qui lui mérita un 10$ additionnel. Lorsqu’il apprit la soudure, son salaire augmenta encore de 10$ par mois. En 1930, durant la prohibition, Patrault participa aux patrouilles du Saint-Laurent contractées par la Commission des liqueurs du Québec dans le but de détecter les bateaux de contrebande d’alcool provenant des îles de Saint-Pierre et Miquelon. Ironiquement, le soir venu, policiers, contrebandiers et aviateurs se retrouvaient souvent au même hôtel à Rimouski. On en profitait alors ouvertement pour se narguer, se lancer des défis. Mais le fairplay n’existait qu’en apparence. Un jour, au retour d’une patrouille, Patrault avisa la police de Matane qu’un bateau déchargeait des caisses d’alcool sur la grève. La voiture des policiers revint criblée de balles.

Patrault travailla avec les plus célèbres pilotes de brousse, tels H.S. Quigley, «Babe» Woollett, Ed Bondurand, Roméo Vachon, Red Lymburner.

Dans la nuit du 5 juin 1930, un Loening de Canadian Airways fut même incendié par les bootleggers. Aux curieux qui l’observaient, Patrault s’amusait à dire que son avion filait à la vitesse inouïe d’un mille à la minute (ce qui ne représente en fait que 60 milles à l’heure). Impressionnés, les gens lui demandaient: «Comment faites-vous pour respirer à une pareille vitesse?». Patrault travailla avec les plus célèbres pilotes de brousse, tels H.S. Quigley, «Babe» Woollett, Ed Bondurand, Roméo Vachon, Red Lymburner. On fit aussi appel à Patrault pour l’entretien des hydravions géants Short de l’Imperial Airways, lorsque celle-ci exploita à la fin des années 30 un service expérimental transatlantique à Montréal. Engagé en 1938 par Trans-Canada Air Lines (aujourd’hui Air Canada), Patrault prit la responsabilité de la base de Moncton. En 1947, il devint le premier Canadien-français à être nommé superviseur régional de l’entretien à Toronto, de loin la plus grande base de TCA. Il prit sa retraite d’Air Canada en 1968, après 44 ans dans l’aviation.

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